Les actes juridiques de la seigneurie de Coëtcodu conservés aux archives départementales du Morbihan1 nous révèlent le nom du dernier seigneur de Coëtcodu au sens où on l'entendait dans l'Ancien Régime. Il fut le dernier à exercer les prérogatives du seigneur. Il s'agit de Louis-Toussaint Joseph Archin né à Port-Louis en 1732 et mort en 1800. Son père était Joseph Archin de Soissons, trésorier des invalides à Vannes et sa mère Marine Anne Blanchart, dame de Keroman à Hennebont.

 

Il est mentionné dans un document  concernant la « Réception de François Philippe en l'office de sergent par Coëtcodu et Crenihuel » daté du 7 juin 1781. Le dernier texte portant mention de son nom date de 1789, les archives de la seigneurie finissant un an plus tard en 1790.

 

Citons la « Réception de François Philippe en l'office de sergent par Coëtcodu et Crenihuel » : « Monsieur le Sénéchal et seul juge des juridictions le Gruries de Coëtcodu – Langouellan, de Crenihuel.

Supplie humblement le Sieur François Philippe demeurant en la ville de Guéméné paroisse de Locmalo.

Disant qu'il a plut à haut et puissant messire Louis-Toussaint Joseph Archin, ancien comissaire, contrôleur de la marine au département de Lorient, seigneur chattelain de Coëtcodu – Langouellen, seigneur de Crenihuel, de Gornavec et plusieurs autres lieux, accorde au suppliant un mandement de l’État d'office de sergent de nos juridictions. » Autre le fait que ce document apporte un éclairage intéressant sur l'organisation juridique interne de la seigneurie, on y apprend qu'Archin fut un ancien commissaire et contrôleur de la marine à Lorient. A 13 ans il entra au bureau des classes de Port-Louis (nouvellement crée à cette époque) par faveur du ministre de la marine, le comte de Maurepas, accordée à son père qui avait exercé la fonction de trésorier des invalides à Port-Louis. Archin devint commis aux écritures en 1752. En juin 1755, son père décéda et l'emploi vacant de trésorier des invalides fut confié à son fils pour que permettre à celui-ci de subsister aux besoins de la famille : une veuve et trois sœurs. Étant décrit comme quelqu'un de capable,intelligent et avec de l’expérience il obtint le grade d'écrivain ordinaire. De 1759 à 1760 il quitta l'arsenal de Port-Louis et fut affecté à un cours séjour à Vannes. En 1761, le nombre d'employés aux département des écritures fut réduit et Archin risqua de perdre sa place après 17 ans de bons et loyaux services reconnus 2. Après avoir écrit plusieurs suppliques il se rendit à Paris en mai 1762 et rencontre le ministre Choiseul. Archin sollicita auprès de lui un emploi dans un autre port ou dans les colonies. Ce à quoi le ministre lui répondit qu'il ne lui avait pas fait versé de pension car il comptait le rappeler à la première occasion. Il le chargea de l’expédition des comptes du feu trésorier de marine de Port-Louis. En 1776, par ordonnance du roi, la place de contrôleur général de Lorient fut supprimé et les départements de Lorient et Brest fusionnés. Louis-Toussaint Joseph Archin fut réformé avec une pension de 2000 livres3. Il garda toutefois la place de trésorier des invalides. Il fut maintenu en place au début de la Révolution mais en 1793, on lui refusa un certificat de civisme ce qui permit son renvoi. L'administration le considéra comme « un vieillard opposé au régime actuel 4». Il prit donc sa retraite dans une de ses propriétés à Port-Louis .

 

Au vu de son activité à Port-Louis et ailleurs, on peut sérieusement penser qu'Archin passa très peu de temps dans sa propriété de Coëtcodu. La tendance était prise : Coëtcodu devint une résidence secondaire pour des notables fortunés : notaire, médecin...

 

                                                  Blason_Claude_de_France_avant_1514 

 

1B – 4838 AD

2MARC/C/7/7, dossier 30 Archin (Louis-Toussaint Joseph), né en 1732, mort en 1800, commissaire ordinaire de la Marine puis trésorier des Invalides à Lorient.

3A peu près 2500 €

4MARC/C/7/7, dossier 30 Archin (Louis-Toussaint Joseph), né en 1732, mort en 1800, commissaire ordinaire de la Marine puis trésorier des Invalides à Lorient. Lettre du 23 avril 1793.

 

signature de LTJ Archin