Langoëlan

mardi 2 août 2016

L'acte de baptême de Pierre du Chélas

J'avais vu l'acte de décès original de Pierre du Chélas à la mairie de Langoëlan...et je voulais donc voir celui de sa naissance dans les archives de Guémené. Comme je ne pouvais pas me déplacer, j'ai était voir dans les archives en ligne du Morbihan (une mine d'or!)..et je suis tombé abasourdi quand j'ai vu l'état de conservation de l'acte: barbouillé, presque illisible...mais on peut toutefois distingué le nom de notre héros en marge.

 

acte de baptême de pierre rémond du chélas 1- mai 1759

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dimanche 20 septembre 2015

A quoi ressemblait Pierre du Chélas, le chouan de Langoëlan?

En faisant des recherches sur les combats de Kergoët je suis tombé par hasard sur...une description de du Chélas!

Dans les archives du diocèse de Quimper, on retrouve des rapports de fonctionnaire républicain. Un d'eux d'écrit le chef chouan. Il est daté septembre 1795:

"Duchélas, dit la couronne (son nom de guerre), 40 ans, 5 pieds 3 pouces (soit à peu près 1,70m) cheveux et sourcils brun clair, portant une veste verte (très à la mode chez les chouans), pantalon brun, chapeau rond et des bottines".

 

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mercredi 26 août 2015

Retour des "Bro Laoulan" en mairie...

En 1909, le vicaire de la paroisse de Langoëlan, l'abbé Jean-Vianney Le Gohébel, commence à rédiger un bulletin paroissial dans lequel il insère des notices historiques sur Bro Laoulan, le pays de Langoëlan. Je salue ici son magnifique travail de recherche qui m'a été très utile.

Lors de la parution du premier numéro, le dimanche 29 août 1909, il explique la raison de ses recherches qu'il est bon de rappeler aujourd'hui: "Connaître l'histoire de son pays, voila un désir bien légitime et pour ainsi dire naturel. À Langoëlan, comme partout ailleurs, pour ne pas dire plus qu'ailleurs, on veut s'instruire, on veut surtout connaitre son pays, savoir ce qui s'y est passé dans le cours des siècles.[....]Faire connaître aux Langoëlanas et à tous ceux qui s'intéressent à leur petite paroisse l'histoire du pays, tel est notre principal but. Quiconque connaît bien son pays l'aime, s'y attache davantage, reste plus fidèle au souvenir et aux traditions des ancêtres. Comme le titre l'indique: "BRO LAOULAN" il sera question dans ce bulletin non seulement de la paroisse, mais de tout ce qui concerne le pays de Langoëlan au civil et au religieux. Il nous arrivera même parfois de faire des digressions dans les paroisses voisines, surtout lorsque, dans ce pays se seront passés des évènements concernant Langoëlan ou les Langoelanais".


Ces Bro Laoulan sont un trésor pour notre communs car certains vestiges, observables en 1909 ne le sont plus ajourd hui ,certaines archives ont été perdues, les mémoires ont oubliécertaines histoires et légendes... Les descriptions de vestiges sont passionnantes car beaucoup ont disparu depuisLa langue bretonne est intéressante car on ne dispose pas d'énormément de textes écrits en breton vannetais.

Pendant ses vacances, je me suis mis à la recherche des ces "manuscrits perdus" qui étaient dispersés un peu partout. Et enfin, j'ai pu en récupérer une bonne partie grâce notamment à Jean-Paul Eludut, que je remercie dans ces lignes.
Scannés et numérisés, 42 numéros de Bro Laoulan sont consultables en mairie. Les numéros concernent l'antiquité, la christianisation de Langoëlan, le Moyen-âge jusqu'au XVIe siècle. 

Notice de Bro Laoulan sur le quartier de St Efflam

 

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mercredi 19 août 2015

La Villeneuve

La Villeneuve est un lieu-dit situé au nord-est du territoire communal sur lequel se trouve certains sites archéologiques les plus vieux de Langoëlan. Le plus anciens de ceux-ci est le dolmen de la Villeneuve appelée Ty-Ar-Toriganet.

la villeneuve

 

 

 

La légende raconte qu'un korrigan qui transportait trois pierres, une sur la tête et deux sous les aisselles, fut surpris dans une tempête qui le figea sur place. On aurait par la suite posé la "table" du dolmen. Cette dalle a une circonférence de 7m50 dans sa partie la plus large.

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Deux piliers se trouvent face à face et un troisième orienté au nord-ouest. L'ouverture permettant d'accéder sous le dolmen se trouve à l'opposée. Il est probable que dans le prolongement de cette ouverture se trouvait d'autres pierres, placées en deux colonnes qui formaient une allée couverte à l'entrée du site. Cette hypothèse vient du fait qu'à 200m, on trouve d'autres pierres dans le lit du ruisseau, similaires à celle du dolmen. Celui-ci est daté de -4000 av j.c, époque à laquelle furent édifiés les menhirs de Carnac. Il est placé sur une parcelle appelée Parc Goh Forn, "le champ du vieux four".1

Situé à 600m à l'ouest du dolmen, le groupe de menhirs de la Villeneuve n'est plus visible aujourd'hui. Toutes les pierres furent culbutés dans des talus et des fossés.

Enfin, à 400m au nord, en bordure du site éoliens, se trouvait la villa de la Villeneuve dont il ne reste plus rien, la parcelle ayant été exploitée.

 

A la Villeneuve, les traces de pratiques religieuses humaines et d'habitations sont plus qu'ailleurs présentes. Pour finir, notons, qu'à la Croix St Denis se trouvait un ancien lieu de culte païen transformé en chapelle à l'arrivé des chrétiens.

Bout de casque romain

Flibule romaine

*Pièce la villeneuve

  1. Pièce antique présentant une figure humaine sur sa face

    Verso de la pièce avec une divinité

  2. Pièce romaine avec deux légionnaires romains

  3. Pièce romaine avec empereur

  4. Pièce romaine avec empereur et devise

  5. Pièce du Moyen-âge, portant les trois fleurs de lys royale.

  6. Pièce de 1836 à l'effigie de Napoléon III et portant au verso l'aigle impérial

 

Merci à M. Dominique Perron, gardien du dolmen et inventeur des objets ci-dessus.

 

 


 

1Parcelle 356 du cadastre napoléonnien de 1820

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lundi 17 août 2015

En passant par Langoëlan...

Découvrez ce livre réunissant histoire et art. Estelle D nous fait découvrir Langoëlan et son histoire à travers de magnifiques dessins à l'encre de Chine associés à de la poésie: le premier livre moderne sur l'histoire de Langoëlan: "En passant par Langoëlan"

 

(cliquez sur le lien pour accéder au site de vente)

 

 

En passant par Langoëlan

En passant par Langoëlan (Writings), 15x21 cm par Estelle D Un livre pour vous faire découvrir Langoëlan. Ses petites histoires, parfois mêlées à la Grande Histoire, à travers le temps. Disponible sur : lulu . com/spotlight/estelled

https://www.artmajeur.com

 

 

Source: Externe

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lundi 10 août 2015

Acte de décès de Pierre du Chélas

                                                      tampon

Acte du 8 septembre 1826; n°22: décès de Pierre Rémond du Chélas:

 

 

acte de décès pierre du Chélas

                                               

                                                     blason de la famille du Chélas

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mardi 4 août 2015

Exclusif: la liste des recteurs de Langoëlan de 1427 à 1932

Les recteurs de Langoëlan


 

 

  • -1427: Jean BURBAN

  • 1427-1447: Jean AMBOUR

  • 30 Octobre 1447-1467: Geoffroy DU HOULE

  • 1467-1479: Jean FABRI

  • 1479-1480: Michel FABRI

  • 1480-1520: Jean LE JEUNE (Reconstruit l'église St Barnabé)

  • 1520-1543: Gilles DU QUERINNEC

  • 1543-1557: Vincent DE TALHOUËT (Seigneur de Tronscorff)

  • 1557-1577: François DROGUET

  • 1578-1597: Jean LE BRAS

  • 1597-1598: Yves DE KERGUSTAN

  • 1598-1601: Guillaume FALLIGERHO (originaire de Langoëlan)

  • 1601-1616: Louis LE COGUIC

  • 1618-1642: Yves LE PONTHO

  • 1652-1688: Julien LE GOFF (Reconstruit à nouveau l'église et le clocher)

  • 1688-1734: Julien LE GOFF

  • 1698-1734: Julien LE GOFF

  • 1734-1752: Louis LE GODUON

  • 1752-1763: François MORGAN

  • 1763-1768: Pierre GABRIEL

  • 1768-1773: Jean BONNO

  • 1773-1788: René LE GARGASSON (Rebatie la chapelle de Locmaria en 1775 et la sacristie de St Barnabé côté nord en 1783)

  • 1788-1791: Julien MAHEO (curé constitutionnel le 13 avril 1791; arrive à Langoëlan le 14 août et repart le 12 septembre)

  • 1801-1817: Alain LE BIHAN

  • 1817-1847: Jean BRUCHEC (Il fait abattre l'ancienne sacristie pour la reconstruire côté est. En 1829, il fait refaire la boiserie du choeur, le porche en 1840, il bénit deux cloches pour St Barnabé, deux à Locmaria, Quénépévant et St Servais. C'est l'année de sa mort qu'il fera transféré le retable de St Salomon du Merzer à Langoëlan.)

  • 1847-1853: Armand-Glaïde DE SIRE (Il fit bâtir le presbytère et un corps de logis pour les domestiques)

  • 1854-1871: François AUDIC (Il fait faire des réparations dans l'église)

  • 1871-1883: Jean-Marie LE PERSON (En 1878, il est en procès contre la municipilité pour un désaccord concernand les arbres du cimetière)

  • 1883-1890: Yves PERON (Il fait construire la tribune et fait poser le parquet du choeur de l'église St Barnabé)

  • 1890-1902: Louis-Marie MELLO

  • 1902-1908: Joseph LE PENSE

  • 1908-1911: Jacques DONDO

  • 1911-1920: Jean-Marie LE FRANC

  • 1920-1932: Louis LE TROUHER (Il fait réparer et agrandir le presbytère)

  • 1932-... : Jean-Marie LE CLAINCHE (Il réalise le tableau de St Barnabé, patron de l'église de Langoëlan en 1938)

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mercredi 24 juin 2015

Les voies "romaines" de Langoëlan:

Les voies "romaines" de Langoëlan

 

Les voies dites « romaines » ont été en réalité tracées à partir de voies préexistantes, c’est à dire « gauloises ». Elles peuvent aussi dater de l’âge du Bronze, c’est l’époque où on situe l’invention de la roue et donc la nécessité de disposer de plans de roulement horizontaux. Deux voies traversent la région de Langoëlan. Une de ces voies, attestée, officielle, traverse le territoire de Langoëlan. Elle relie Carhaix à Vannes.Voies en Bretagne
Le tracé de cette voie romaine n’est pas anodin puisque Carhaix (Vorgium) est la capitale du peuple osisme et, donc, une grande cité marchande et que Vannes (Darioritum) est la capitale du peuple vénète. On est donc en présence d'une voie de communication importante connue,  dans le pays, au moins au XIXe siècle, sous le nom de "Hent Ahès" (le « Chemin d’Ahès », Ahès étant la personnification de la ville de Vorgium). Cette voie est représentée sur la Table de Peutinger, la copie médiévale d’un document antique qui n’indique que les voies essentielles, les « autoroutes » de l’époque.
l’Atlas des Patrimoines, elle est indiquée comme datant de l’Age du Fer.

 

Tracé de la voie sur la commune


Hent Ahès arrive de Carhaix par le bourg de Locuon. On ne peut ici passer sous silence le fait que tous les grands monuments publics de la ville de Vorgium ont été construits avec du granite de Locuon dont les blocs préformés ont  été apportés en ville en suivant Hent Ahès. Elle suit le tracé de l’actuelle route départementale entre Locuon et Le Merzer, en passant au sud des enceintes du haut Moyen Age de Kergouarc’h-Villerit qui la dominent. Des chercheurs pensent que ces fortifications appartiennent à une ligne fortifiée le long d’une ancienne zone frontière1. Un chemin, partant de Hent Ahès, traverse l’enceinte de Villerit et se dirige vers le bourg de Mellionnec au nord  par Kroaz Henchou. Hent-Ahès passe ensuite entre le site de Ty-Doué-Baris et le château de Kerservant. Au carrefour du chemin qui mène au château, en face d’un oratoire, une de ses portions, dans son état du XIXe siècle, est visible, à gauche, immédiatement en contrebas de la route actuelle. A la hauteur du Merzer, à environ 200 m au sud du chemin, protégée par le méandre d’un petit affluent du Scorff, une fortification de terre circulaire semblait veiller sur la voie qui subitement quitte sa direction plein sud pour s’orienter plein est et dépasser Goezélégan. Après ce hameau, elle reprend sa direction première, plein sud en traversant le hameau de Brambily et en quittant notre territoire. Ce détour soudain lui permet d’éviter la vallée encaissée du Scorff qui lui barrait la route au sud.
Entre Brambily et Resterhierven, après le détour vers l’est et la traversée de Goezélégan, Hent-Ahès rejoint manifestement un autre chemin dont une portion continue sa direction première vers le nord. Il passe par Locmaria et quitte le territoire communal à Restermen pour se diriger vers Gouarec. C’est aussi une voie de crête qui possède tous les caractères d’un chemin ancien. Il s’agit vraisemblablement des vestiges d‘un des ces chemins antérieurs, gaulois ou de l’Age du Bronze,  que les géomètres gallo-romains auraient emprunté un peu après Brambily car la direction qu’il prenait (plein sud) leur convenait parfaitement.
On peut aussi voir dans cette réappropriation d’un ancien chemin,  la raison du détour brusque vers l’est par Goezélégan, manoeuvre rendue nécessaire pour récupérer l‘ancien  tracé.
Ces voies anciennes, remises au goût du jour à l’époque romaine, vont contribuer à répandre la civilisation des vainqueurs. Elles seront des axes économiques et politiques essentiels pendant presque 2000 ans! Et perdureront jusqu’à nos jours. Leur nombre important montre que notre région, loin d’être isolée, participait pleinement aux échanges modernes de l’époque.      

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mercredi 17 juin 2015

Notre petite histoire sur Waterloo

1815-2015, Waterloo et la fin des Cent-Jours

 

Le 18 Juin, nous commémorerons le bicentenaire de la bataille de Waterloo.

Et à Langoëlan, que pouvons nous retenir de Waterloo et des Cent-Jours? Et bien, c'est durant les Cent-jours que Pierre du Chélas reforma un groupe de chouans prêt à reprendre la lutte contre Napoléon.

                                
        Napoléon Ier
                              

 

Bataille de Waterloo

 

Durant les Cent-Jours, Pierre du Chélas reforma son groupe d'insurgés, prêt à reprendre les armes comme ce fut le cas en Vendée par les descendants des premiers chefs vendéens: Ludovic de Charette, Louis de La Rochejaquelein... Il se rendit auprès du préfet du Morbihan et du Général Sol de Grisolles pour leur proposer ses services et ceux-ci le chargèrent d'organiser la levée des Chouans dans la région du Nord-Ouest. Avec l'aide d'amis officiers dans les Côtes-du-Nord et le Finistère, il monte un bataillon de 500 hommes avec lequel il marche sur Vannes.1

Face à cette menace, Napoléon crée, le 22 mai, l'armée de la Loire, qu'il place aussitôt sous les ordres du général Lamarque, connaiseur de la guerre des partisans. Dans le Morbihan, c'est le général Rousseau qui s'occupe directement de la défense du territoire. L'armée de la Loire était composée de dix mille soldats de ligne, un millier de gendarmes et trois milles douaniers ainsi que des soldats de marine.

Uniforme des soldats sous Napoléon

Général Lamarque

C'est le général Sol de Grisolles, qui avait décoré du Chélas de l'ordre de St Louis, qui commande les troupes royalistes, au total vingt mille hommes. Le 26 mai, à Keranna, de Sol et du Chélas empêche la jonction entre deux armées impériales. A Muzillac le 10 juin, ils remportent une victoire sur le général Rousseau. De Sol récuperera le 18 Juin (jour de la bataille de Waterloo) huit mille fusils et des caisses de cartouches envoyés par les anglais par l'intermédiaire du commodore Hotham. Les chefs chouans apprendront la défaite de Waterloo 3 jours plus tard par l'interception d'un colis impérial envoyé au général Lamarque. Celui-ci abandonnera l'empereur et ralliera le parti royaliste permettant au général de Sol de faire une entrée triomphale à Vannes le 22 Juillet.

 

 

 

 

 

 

 

 

La défaite de Waterloo, l'abdication définitive de Bonaparte et le retour de Louis XVIII ramenèrent la paix dans l'Ouest.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"La garde meurt mais ne se rend pas! Merde !"


 

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mercredi 6 mai 2015

Langoëlan sous la Révolution ou Pierre-Rémond du Chélas

Langoëlan sous la Révolution

ou

Pierre de Rémond du Chélas


 

 

                                  Pierre Rémond du Chélas

 

 


 

 

 

En mai 1789 s'ouvraient à Versailles les Etats Généraux qui réunissaient les députés du royaume de France à l'appel du roi Louis XVI pour résoudre la crise financière et politique qui s'aggravait.

A Langoëlan, deux habitants furent désignés comme députés du Tiers-Etat: François Le Cocq et J.J Cloarec1, deux paysans influents de la paroisse qui comptait 1316 habitants . Les deux représentants partirent pour Hennebont où ils présentèrent leurs cahiers de doléance composés avec tous les Langoëlanais. Une des revendications les plus importantes dans ces cahiers était la suppression ou du moins l'adaptation du domaine congéable2 . Ce type de contrat entre le propriétaire d'une tenure agricole et son domanier était jugé par les tenanciers trop favorable au propriétaire. En décembre 1790, à la fin de la réunion des Etats Généraux, lorsque les décisions définitives furent prises, ce système ne fut pas aboli. Cela entraîna un vif mécontentement dans les campagnes.

La Révolution, la chute de la monarchie et la mise en place d'un gouvernement républicain provoqua certains changements dans le paisible bourg de Langoëlan et créa des tensions vives entre républicains et royalistes qui durèrent...jusqu'au début du XX siècle!

Le recteur de Langoëlan et son vicaire s'opposèrent ouvertement au régime républicain naissant. Julien Mahéo, le curé et Vincent Le Luherne, son vicaire, furent considérés comme des meneurs par le gouvernement. Ils avaient en effet avoir refusé de prêter serment à la constitution civile3 du clergé qui les liait à la République et qui supprimait de fait l'autorité du Pape. Les deux prêtres craignaient une dénonciation. Ils durent vivre clandestinement, aidés par des villageois. Le 23 août 1792, ils seront enfermés à la citadelle de Port-Louis avec 16 autres prêtres du district. Un prêtre jureur, c'est-à-dire ayant prêté serment, fut installé dans la paroisse de Langoëlan. Il s'agissait de l'abbé Auffret, qui vint du Faouët en avril 1791 mais qui quitta la commune en septembre 1791. Son successeur, l'abbé Jean Le Pollotec s'installa dans sa nouvelle paroisse. Il n'y resta que quelques semaines et partit pour Ploërdut.4

A la même époque, la révolte grondait et la chouannerie fit son apparition en Bretagne et en Vendée. La chouannerie fut initiée par le marquis de La Rouerie, officier ayant fait la guerre d'Amérique. Celui-ci correspondit longtemps avec un certain Pierre de Rémond Du Chélas, seigneur du Rest à Langoëlan. 5

 

Né à Guémené le 16 mai 1759, il est le fils de Jacques Du Chélas, premier seigneur de ce nom, officier dans le régiment Lyonnais d'infanterie, désintégré peu après sa naissance. Pierre du Chélas vécut toute sa jeunesse au manoir du Rest auprès de sa mère Anne De Brossard, fille de Renée Guilloux et de Louis De Brossard, notaire de la seigneurie de Coët-Codu. Pierre du Chélas fit des études poussées et entra à 19 ans au régiment de Navarre où il fut promu sous-lieutenant puis lieutenant et enfin capitaine en second. Son régiment ne participa à aucune campagne durant son service dans ce corps.Pierre du Chélas portant l'uniforme du régiment de Navarre

 

Il épousa le 1er Septembre 1788, Constante Berthou, fille des propriétaires du château de Tronscorff. Ils eurent trois enfants.6 Lors des premiers troubles et émeutes de la Révolution, son régiment était stationné à Rouen.

                                                                         Drapeau du régiment de Navarre

 

 

 

 Le 1er janvier 1791, le régiment de Navarre prêta serment à la République et devint 5e régiment de ligne.7 Refusant ce serment, Pierre du Chélas prétexta une affaire de famille et retrouna dans son manoir du Rest. A Langoëlan il commença à correspondre avec le marquis de La Rouërie. On ne sait pas exactement comment le célèbre marquis de la Rouërie, ayant créé sa "légion Armand" tiré de son pseudonyme, colonel Armand, a rencontré le simple officier Du Chélas et ce qui les a poussés à s'écrire des lettres dont le contenu nous est inconnu. On peut penser que La Rouerie avait besoin d'hommes de confiance, officiers comme lui, ayant une connaissance de la guerre pour pouvoir lancer le mouvement de la chouannerie.

Armand de la Rouërie

 

Le 30 Janvier 1793, près de deux ans après le retour de Du Chélas au pays, le marquis de La Rouerie, trahi, poursuivi et errant de cachette en cachette meurt, épuisé. En apprenant la nouvelle, Du Chélas détruisit toute sa correspondance avec le marquis. Peu de temps après, il se mit à organiser la résistance en suivant l'enseignement de La Rouerie. Il créa un groupe de Chouans pour la paroisse de Langoëlan. Il devint le "meneur" de Langoëlan. 8

Mais il fut probablement dénoncé car en 1792, un détachement de "Bleus", les soldats républicains, vint l'arrêter au manoir du Rest. Du Chélas et sa famille furent emprisonnés durant trois mois à la prison du Faouët.9 Aucune preuve ne fut trouvée contre lui et le commissaire du Faouët n'appliquant pas encore la "loi des suspects" fit relâcher Pierre Du Chélas et les siens.

A sa sortie de prison, il mit ses hommes et sa personne à la disposition de l'armée Royaliste de l'Ouest commandée par Georges Cadoudal.10

Georges Cadoudal

Grâce à son passé d'officier, il fut nommé colonel et prit le commandement de la division du Faouët et de Gourin regroupant toutes les paroisses de ces districts11. Le colonel Du Chélas mit toute sa fortune à la disposition de l'armée Royaliste et sollicita du roi Louis XVIII en exil une rente pour subvenir à ses besoins. Il prit le nom de guerre de "La Couronne"12. Les action des chouans dans le pays se multiplièrent. Certains d'entre eux commirent des atrocités. Les Bleus, les soldats de la République, en firent autant.

Un jour, en décembre ou frimaire dans le calendrier républicain, 60 chouans arrivèrent devant l'église St Barnabé, à Langoëlan, pendant qu'une messe y était célébrée. Ils entrèrent et firent sortir une femme connue pour avoir marié sa fille à un révolutionnaire qui dénoncait et faisait arrêter de nombreux royalistes. Ils la placèrent devant un peloton d'exécution et la fusillèrent.13 Ce sont des chouans qui assasinèrent chez lui l'ancien prêtre jureur de Langoëlan Jean Le Pollotec qui était parti pour Ploërdut.14

 

En mars 1793 eu lieu la révolte des jeunes Langoëlannais. Face à la levée en masse de 300 000 hommes décidée par la Convention le 24 Février 1793, la commune de Langoëlan devant en fournir 12, les jeunes gens refusèrent de partir à la guerre et se révoltèrent. Ils forcèrent les portes des salles de la maison commune, brûlèrent les registres, renversèrent les meubles et chassèrent les commissaires venus pour le recrutement15. Cette révolte se propagea dans d'autres villes: Ploërdut, Lignol, Pontivy, Vannes et Rennes firent de même. A Pontivy 53 paysans furent arrêtés et deux guillotinés. Les commissaires du Faouët donnèrent des instructions pour mâter cette petite révolte à Langoëlan: "votre commune est rebelle...votre révolte ne peut demeurer impunie...la commune devra verser 400 livres pour le déplacement d'un détachement...votre greffier Leroux est suspendu".16

En 1794, de nombreux ornements liturgiques de l'église St-Barnabé et du Merzer furent vendus comme bien nationaux au Faouët dans une vente aux enchères. Trois cloches sur quatre de l'église St Barnabé furent enlevées et partirent aussi au Faouët pour y être fondues.17

Le 28 janvier 1795, Pierre du Chélas et le fameux chef Jean Jan attaquèrent la garnison républicaine de Guémené-sur-Scorff pour se venger des massacres commis par le 2ème bataillon du Jura, à Melrand là où habitait Jean Jan. C'est le lendemain qu'eut lieu l'attaque sur Guémené. Pierre Du Chélas décide d'y participer car il veut mettre fin aux exactions de cette garnison. A cette époque, il a 35 ans. Ils sont accompagnés par Pierre Mercier, dit "La Vendée", Vendéen ayant servi sous les ordres de Bonchamp. L'attaque a lieu le matin. 600 Chouans attaquent 150 Bleus retranchés dans le château des Rohan. Les Chouans emportent un canon et détruisent l'arbre de la Liberté. Fort de leur succès, ils décident de se porter immédiatement sur Le Faouët, où les attend la garnison républicaine, 136 hommes avec 2 canons, prévenue de l'attaque à Guémené-sur-Scorff. Les Républicains, retranchés dans les halles, résistent durant plusieurs heures. Mais pour les Chouans, il s'agit juste d'une attaque de harcèlement pour empêcher les Bleus de s'aventurer hors de la ville. Ils se retirent après quelques heures de combat.18

                                          

 

Le plus bel exploit de Du Chélas est l'attaque de la poudrerie du Pont-de-Buis au mois de juin de la même année. L'armée royaliste avait besoin de poudre. 600 hommes furent choisis pour mener cette attaque dont ceux de Pierre Du Chélas. Le rassemblement des paroisses eu lieu à Guern et toute la troupe se dirigea à pied vers Pont-De-Buis sans être repérée par les Républicains. L'administration républicaine finit par être prévenue du mouvement de cette troupe. 93 soldats républicains partirent pour Guern pour se renseigner auprès du prêtre jureur. Mais les chouans l'avaient abattu pour qu'il ne les dénonce pas et quand les "Bleus" arrivèrent ils ne trouvèrent que son cadavre dans le presbytère. A la poudrerie, le commissaire Campourcy avait décidé de faire évacuer la poudre vers Brest mais lorsque qu'il voulut la faire partir vers 1 heures de l'après-midi, la poudrerie était déjà encerclée et les chouans prirent le dépôt défendu par quelques invalides. Vers 4 heures, les attaquants repartirent avec leur butin caché sous des amas de foin, dans des charrettes en petits groupes. Les cavaliers "bleus" qui patrouillaient pour arrêter une troupe en marche avec de la poudre ne songèrent pas à arrêter ces charrettes isolées dont la première portait une fille du pays. 19¨Les divisions de Lantivy, de Kevéno et de Du Chélas se retrouvèrent à Langoëlan où se fit le partage. Pierre Du Chélas et ses hommes cachèrent la poudre derrière la boiserie du coeur de l'église du hameau du Merzer, à mi-chemin entre le Rest et Langoëlan. Or, peu de temps après, une patrouille de soldats républicains établit son bivouac dans la même église et manquèrent d'y faire tout sauter en faisant du feu.20

 

Attaque de la poudrerie de Pont-de-Buis

 

Un mois après le succès de Pont-De-Buis eut lieu le débarquement de Quiberon. Celui-ci échoua et 757 soldats émigrés et chouans furent fusillés. On peut supposer que du Chélas participa à la manoeuvre qu'accomplit l'armée royaliste de l'ouest pour isoler la baie de Quiberon et permettre le débarquement, étant donnée l'importance de sa division. Lorsque le débarquement échoua, le dernier espoir d'être aidé par les royalistes émigrés et les Anglais venait de s'envoler. La chouannerie commença à tomber. Au bout de quelques mois, les chefs chouans acceptèrent de négocier avec le géneral républicain Hoche, le vainqueur de Quiberon.

Combat de Quiberon

Ils se rencontrèrent le 12 Juin 1796. Parmi eux se trouvait "La Couronne". Cadoudal et Du Chélas négocièrent avec Hoche les conditions de paix: les prêtres réfractaires seront amnistiés, les Emigrés quitteront le territoire, les armes et munitions seront livrées aux "Bleus"...Cadoudal signera la soumission le 19 Juin 1796 et Pierre du Chélas le 25 Juin 1796. Hoche lui proposa alors le commandement d'un régiment car il estimait Du Chélas. Mais celui-ci refusa et se retira dans son manoir où il fut mis sous surveillance pendant 6 ans.21 Durant cette période, certains Chouans continuèrent à se battre. L'un d'eux , De Bar, reprochait à Du Chélas, son ancien compagnon, d'avoir cessé le combat. Il le menaça de mort. Fin mai 1798, il se rendit au Rest, alors que Pierre du Chélas ne s'y trouvait pas avec trois de ses hommes, vêtus de vestes courtes et de pantalons verts. Il perquisitionna partout avec ses hommes et ne trouvant pas celui qu'il cherchait, il repartit en disant: "Tôt ou tard, nous aurons sa tête. C'est un lâche et un traître, il périra". Il menaça aussi de mort le maire de Langoëlan si des habitants de sa commune continuaient à dénoncer les Royalistes aux Républicains.22

                                                                                      Général Hoche

Avec le Concordat, le calme revint dans la commune. Mais malgré tout, une certaine tension subsista entre Royalistes et Républicains. Par exemple, en 1908, soit près d'un siècle après la Révolution, Guillemot Joseph, 24 ans et fervent républicain et Palaric Louis, 20 ans, royaliste, se rencontrèrent dans la cour de la ferme de Coët-Codu. Le "blanc" appliqua une volée au "bleu" à cause de ses idées politiques. Il fut condamné à 30 francs d'amende avec sursis.23Un siècle après la Révolution!

                                                                                                                                         

L'ex-colonel du Chélas devint maire de Langoëlan en 1810 jusqu'en 1826. Il fut nommé Chevalier de l'Ordre de Saint Louis par le Roi Louis XVIII lors de la Restauration, le 7 Novembre 1814. En 1815, durant les Cent-Jours, le retour de Napoléon de l'île d'Elbe, il reforma son groupe d'insurgés, prêt à reprendre les armes comme ce fut le cas en Vendée par les descendants des premiers chefs vendéens: Ludovic de Charette, Louis de La Rochejaquelein... La défaite de Waterloo, l'abdication définitive de Bonaparte et le retour de Louis XVIII ramenèrent la paix dans l'Ouest.

Pierre du Chélas mourut le 8 septembre 1826, au Rest à l'âge de 67 ans. 24

Aujourd'hui dans son manoir du Rest, on peut observer sur une des vieilles poutres un Sacré-Coeur, symbole des Chouans, qu'il aurait gravé lui-même. La rue principale du bourg de Langoëlan porte son nom: rue Duchélas.

Notons pour finir l'histoire du "héros de Langoëlan" que le 2 février 1796, peu de temps avant sa reddition au géneral Hoche, sa fille Marie-Anne Du Chélas-Bisson mit au monde Hyppolyte-Magloire Bisson, le futur amiral qui se fit sauter avec son vaisseau plutôt que de le laisser aux mains de pirates.

 

 


 


 

1 Langoëlan sous la Révolution; Honore Guillemoto, bulletin municipal de Langoëlan

2Ibid

3Ibid

4Ibid

5Pierre de Rémond du Chélas dit La Couronne; Christian Perron, bulletin municipal de Langoëlan, année 2014

6Ibid

7Aujourd'hui il s'agit du 5e régiment d'infanterie (5e RI), l'un des cinq plus vieux de France

8Ibid

9Ibid

10Ibid

11Le Morbihan et la Chouannerie morbihanaise sous le consulat; Emile Sageret.

12Pierre de Rémond du Chélas dit La Couronne; Christian Perron, bulletin municipal de Langoëlan, année 2014

13Le Morbihan et la Chouannerie morbihanaise sous le consulat; Emile Sageret.

14Langoëlan sous la Révolution; Honore Guillemoto, bulletin municipal de Langoëlan

15Ibid

16Ibid

17Le Merzer; Annic Robic, bulletin municipal de Langoëlan, année 2013

18http://souvenirchouandebretagne.over-blog.com/2015/01/guemene-sur-scorff-la-bataille-du-28-janvier-1795.html

19Pierre de Rémond du Chélas dit La Couronne; Christian Perron, bulletin municipal de Langoëlan, année 2014

20Le Merzer; Annic Robic, bulletin municipal de Langoëlan, année 2013

21Pierre de Rémond du Chélas dit La Couronne; Christian Perron, bulletin municipal de Langoëlan, année 2014

22Le Morbihan et la Chouannerie morbihanaise sous le consulat; Emile Sageret.

23Le Républicain de Pontivy (journal), numéro du 13 Septembre 1908

24Pierre de Rémond du Chélas dit La Couronne; Christian Perron, bulletin municipal de Langoëlan, année 2014

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